Articles généraux, Ecriture

Les contes et notre capacité à s’émerveiller

Perrault, Grimm, Andersen, Prévert… Il est peu probable que vous soyez passés à côté de ces auteurs. Ils ont marqué notre imaginaire et la littérature.  C’est pourquoi, je suis très emballée par ce thème si riche et si varié. Cela me ramène à tant de souvenirs de l’enfance. Je me souviens avoir eu toutes une collection de disque et passer des après-midis à écouter ces histoires. Le chat botté, le petit poucet, la princesse au pois, le vilain petit canard, peau d’âne… Toutes ces histoires nous sont communes et ont traversées les âges. C’est la magie du conte!

De tradition orale, ils se transmettaient de village en village. Cela a participé à la construction d’une « identité commune » à travers un imaginaire commun. Ainsi, des histoires destinées à distraire et prévenir des dangers (je reviendrai sur ce point), se transformait au fil des régions et des conteurs itinérants. Un même conte peut regrouper plusieurs versions. Un des exemples proches et marquants est ceux du pays Breton. En effet, géographiquement séparé par une mer et une influence culturelle différentes, les contes tels qu’ils nous sont parvenus regroupent des récits bien différents. S’ils ont été écrits, mettant fin à leur mutation, ils n’en demeurent pas moins très variés. Je cite l’auteur Yann Berkilien qui a proposé sa version des Contes et Légendes du pays Breton:

CVT_Contes-et-legendes-du-pays-breton_7602 » Le patrimoine des contes Bretons et de légendes du peuple breton est parmi les plus riches qui soient, car il n’est guère de peuple sur terre qui ait autant d’imagination et de fantaisie que celui des Celtes. Nos vieux conteurs savaient broder à l’infini sur les thèmes traditionnels conservés dans leur mémoire. Je dois à la vérité dire que ces thèmes n’étaient guère différents de ceux que l’on retrouve dans les contes populaires des autres régions de notre vieux continent. Il y a d’un bout à l’autre du monde indo-européen un fonds commun de mythes qui remonte à la nuit de la préhistoire ». 

C’est le deuxième point fascinant des contes, en plus de l’intemporalité, ils sont également universels. Vous pouvez retrouver des contes dans toutes les cultures, toutes les langues. Il est très intéressant de découvrir une région à travers ces récits. Vous pouvez y découvrir une façon de penser, la « morale » qui a façonnée sa jeunesse.

En effet, les contes ont deux prétentions. La première est de distraire le destinataire. A travers des récits, très souvent merveilleux, ils portent une charge émotionnelle forte qui sera perceptible par tous. Il est très difficile d’établir des caractéristiques définies du conte en raison de son caractère composite. Cependant, il est marqué par ses récits imaginaires, contrairement aux mythes qui laissent le doute sur la véracité de certains faits ou encore les légendes qui se basent sur une vision surhumaine d’un peuple.

51LClpDIH1L._SX303_BO1,204,203,200_La deuxième est l’importance de l’édification d’une identité. Les contes sont principalement destinés aux enfants. Ils ont pour vocation de les aider à passer dans l’âge adulte à travers des récits qui vont les aider à comprendre le monde et à façonner leur appréhension du danger. Pour comprendre cet élément, je vous renvoie au remarquable livre Psychanalyse des contes de fées de Bruno Bettelheim, psychologue, paru en 1976. Il nous explique que les contes de fées sont indispensables pour la construction émotionnelle des enfants. A travers eux, ils sont capables de transposer les difficultés rencontrées dans la vie, pour les comprendre et apprendre à les surmonter. C’est pourquoi, les contes, malgré leur aspect merveilleux et enfantin, revêtent un caractère noir et effrayant. Les enfants en ont besoin pour répondre à leurs angoisses. J’ai énormément aimé cette lecture qui m’a fait découvrir une autre facette des histoires que j’ai pu lire étant enfant. Par exemple, le rapprochement du petit chaperon rouge et des prédateurs sexuels, ou encore Cendrillon et les différentes phases de la maternité. D’où l’importance de ne pas se laisser berner par la simplification (et la masculinisation) des contes de fées… pour ne pas citer Disney…

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Le Chat Botté de Gustave Doré

Je pense que cette deuxième caractéristique est également l’une des raisons de l’aspect merveilleux des contes. Si bien entendu, c’est un biais pour distraire et rendre plus distrayant, ils sont aussi un moyen pour les enfants de se détacher d’une réalité. Ils ne sont pas destinés à leur faire peur. Ils sont l’équilibre entre le détachement de la réalité et leur capacité à l’interpréter.

Les contes sont fascinants. Ils regroupent tant de cultures, de finalités, de lectures différentes. Ils nous ont tous imprégné à un moment de notre vie. Et a fortiori, ils servent même au sein de la fiction. Lorsque’un univers est créé, il revêt généralement cette tradition orale ou écrite. Je pense au Seigneur des anneaux de J. R. R. Tolkien où de nombreuses chansons et histoires sont retransmises afin d’étoffer et de mieux comprendre son univers. Ou encore J.K Rowling et Les contes de Beedle le barde qui retracent les histoires des enfants du monde des sorciers.

J’espère que ce premier article sur l’univers des contes vous a plu. Est-ce un genre qui vous plait? En lisez-vous encore? J’ai hâte de partager avec vous sur ce thème! Je vous souhaite une excellente fin de semaine et a bientôt pour les conseils d’écritures.

Uranie

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