Ecriture

Rapport à l’écriture par Uranie

Nous sommes en plein mois du NaNoWrimo. C’est l’occasion pour vous partager nos objectifs et notre envie de réaliser ce challenge. Or, ce n’est pas possible sans la passion. S’y mettre tous les jours, trouver du temps pour s’organiser, penser à la prochaine session… Alors, nous saisissons l’occasion de vous parler de nous (quel narcissisme) et notre rapport à l’écriture.

Je vais entrer tout de suite dans le vif: j’ai l’écriture douloureuse. Ou plutôt, j’aime écrire, mais tout le « à côté » est très difficile pour moi. Je ne peux pas donner un point de départ. J’ai l’impression d’avoir toujours écrit. Chez mes parents, il y a des cahiers d’histoires que j’ai remplis depuis le plus jeune âge. Puis, ils ont été remplacés par des journaux intimes (qui seraient plus des journaux d’idées), puis des chansons, puis des poèmes, des nouvelles, des scénarios… Tout y est passé! Sauf, la rédaction d’une oeuvre entière, « un roman »…

Si vous nous suivez depuis un moment, vous avez déjà pu lire nos projets d’écriture. Peut-être avez-vous déjà remarqué que je n’utilise jamais ce terme. Je vais plutôt parler de « fiction », « projet » ou encore « mon truc ».

C’est ce que représente l’écriture pour moi, mon truc. Je n’ai pas particulièrement envie de le partager, j’en parle très peu (sauf avec vous bien sûr 🙂 ). C »est mon jardin secret. Tous les jours j’écris un peu: des bouts de textes, des réflexions, des nouvelles… Mais je suis incapable d’envisager de réaliser une oeuvre intégrale, tangible. C’est d’ailleurs la raison qui m’a poussée à me lancer dans l’aventure du blog. Outre, le fait que cela aide beaucoup à trouver une régularité dans l’écrire. Cela m’oblige à avancer sur un projet défini. Mais, je ne suis pas sûre que les objectifs soient remplies. J’ai énormément de mal à avancer sur L’enfant des deux ciels. (Mais ça, je vous en parlerai plus tard dans le mois ). Je n’ai pas confiance en ce que j’écris et en ce que j’ai à dire. Je me limite donc à mes petits bouts de textes éparpillés sous mon lit.

C’est pour quoi, l’écriture est douloureuse pour moi. J’aime le processus en lui même, j’aime écrire. Mais, je déteste reprendre ce que j’ai fait. Vraiment… Ce n’est pas juste un manque d’envie, c’est une torture pour moi. Cela éveille chez moi une implication émotionnelle très forte, dont je me passerai bien.

Tout d’abord, cela tient au fait que j’ai beaucoup de difficultés à m’y mettre. N’ayant pas confiance en moi, je retourne le sujet (parfois des jours dans ma tête) avant de commercer la rédaction. Et donc, forcément, la date limite approche très vite, et je n’ai pas le temps de travailler mon rendu autant que je le voudrais… Cet article en est la preuve! Je l’écris en précipitation, et j’ai encore deux rapports à rédiger avant d’aller me coucher… Et, je ne suis pas sûre de les faire, car j’angoisse à l’idée de mal les faire… (J’angoisse de manière générale me direz-vous ^^).

Ensuite, ce n’est jamais à la hauteur de mes espérances. Vous allez me dire: si tu fais tout au dernier moment, c’est normal. C’est totalement vrai! Comme je repousse, je n’ai jamais le temps de reprendre les choses à têtes reposée. Mais il n’y a pas que ça. Ma mère dit souvent que je suis intransigeante avec moi même. Vous avez du le voir dans mes critiques sur le livre Silo de Hugh Howey, je m’applique la même rigueur. Sauf que je ne me considère pas comme une autrice. Alors je passe mon temps à m’entraîner, essayer des choses, travailler mes personnages, essayer telles ou telles techniques d’écriture… sans jamais réellement me lancer. Du coup, je déteste relire ce que j’ai fait… mais vraiment… c’est limite une phobie. Déjà, parce que je vais tout réécrire, et cela va me prendre quasiment (voir plus) de temps. En plus, le plus souvent, je m’ennuie (Oui, je m’ennuie ! Alors j’ai du mal à imaginer que cela puisse intéresser quelqu’un).

Et enfin, je souffre d’une légère dyslexie. J’arrive à la canaliser, mais elle ressort parfois. Notamment dans les périodes intense comme ce mois de novembre où je passe mon temps à écrire pour le travail et le challenge. Plus, je suis fatiguée, plus elle s’exprime et plus j’ai du mal à me relire. Je finis avec des maux de tête en fin de journée tellement je dois me concentrer…

Vous savez tout. Pourquoi j’ai une tonne de document jamais relu, ni abouti. Pourquoi je publie toujours au dernier moment. Pourquoi l’écriture est à la fois une passion et une souffrance pour moi. Pourtant, je n’arrêterai pas malgré tout. J’aime raconter des histoires. Et, j’ai besoin de m’exprimer à travers les mots pour sortir tout ce qui se traficote dans ma tête.  Alors, je tente, je me force et peut-être qu’un jour j’arriverai à faire « mon truc ».

J’espère que cette petite découverte de mon univers vous a plu. Je suis curieuse de connaître votre propre rapport à l’écriture, en l’espérant plus joyeuse.

Amitiés,

Uranie

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3 réflexions au sujet de “Rapport à l’écriture par Uranie”

  1. Uranie, ton article m’a beaucoup touchée. C’est vraiment difficile d’écrire quelque chose dont on peut vraiment être fier, et je pense que tout le monde doute de soi, de façon même violente, à un moment où un autre. Donc merci pour ton témoignage. 🙂
    Je trouve que tu es bien trop exigeante avec toi même, tu ne devrais pas critiquer ton travail de la même manière qu’un roman publié qui a probablement été réécrit des dizaines et des dizaines de fois… Et puis il faut aussi voir le côté positif : si tu trouves tes anciens textes nuls, ça veut dire que tu es une meilleure auteur aujourd’hui par rapport au moment où tu l’as écrit. ^^

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    1. Bonjour Celia. Merci pour ce très gentil commentaire. J’ai écrit cet article programmé dans la précipitation, donc je n’ai pas eu d’autres choix que de viser la sincérité. Mais parfois, cela fait également du bien de juste dire « j’ai ça comme problème, et alors? » ^^
      Tu as tout résumé. Je suis « bien trop exigeante ». J’en ai conscience. Malheureusement, cela résulte également de la voie que j’ai choisie. J’évolue dans un milieu compétitif où il nous est répété tous les jours que seul 8% arriveront à leur but. Forcément, cela ne peut que se répercuter sur ma manière d’envisager mon écriture. Mais bon, je me soigne! Je fais des efforts, j’apprends à relativiser et j’en sors plus grandie.

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      1. Je comprends, ça doit mettre énormément de pression d’entendre ça à longueur de journée ^^’ J’espère que tu arriveras à trouver un équilibre qui te permettrais d’écrire plus sereinement 🙂

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