Conseils, Ecriture

Créer la peur par les mots

La semaine dernière, Uranie nous a écrit un article très sympa indiquant pourquoi nous aimons avoir peur, et expliquant comment créer de la peur au sein de l’intrigue.

Cette semaine, je vous propose de nous pencher sur la création de la peur grâce à notre façon d’écrire. Evidemment, plusieurs facteurs sont à prendre en compte, mais j’ai choisi de vous parler de trois d’entre eux : l’ambiance à mettre en place, les personnages et leur psychologie, et le style d’écriture (rythme, langage, champs lexicaux, …).

  • L’ambiance à mettre en place :

Je trouve qu’il est important de parler de l’ambiance car c’est l’un des éléments clés d’un bon texte d’horreur ou d’épouvante. Et, pour que l’ambiance soit convaincante, il va falloir penser à l’atmosphère que vous souhaitez dégager, ainsi qu’aux décors dans lesquels vos personnages vont évoluer. Il est donc important de placer des descriptions des lieux, mais aussi du « climat ».

Vos personnages sont-ils coincés dans un lieu insolite et angoissant ? N’ont-ils aucun point de chute en sécurité ? Sont-ils dans de lieux familiers ? La pièce n’est-elle pas étrange ? N’y a-t-il pas des sons suspects ? Des choses qui semblent avoir été déplacées ? Pensez bien aux conseils d’Uranie et rendez tout cela réaliste !

Pour ce qui est de l’ambiance globale, vous pouvez jouer sur la période de la journée (nuit sans fin ?) ou de l’année par exemple (ben oui, avec Halloween qui approche ça donne des idées). Mais, pas uniquement ! Par exemple, pensez à l’état d’esprit de vos protagonistes pour créer une certaine tension et une menace planant dans l’air. Se retrouvent-ils coincés avec leur ennemi juré ? Sont-ils tendus ? Enervés ? En proie à des hallucinations ? Il serait intéressant de créer un certain choc grâce à une action rapide, inattendue et terrifiante. Mais attention, ne tombez pas trop dans le gore … cela risquerait de surprendre certains (je sais que ce n’est pas le cas de tout le monde) de vos lecteurs de façon négative, ou, à l’inverse de les désensibiliser (et après, bon courage pour les surprendre à nouveau ou les effrayer).

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  • Les personnages et leur psychologie :

Bon, j’ai déjà commencé à parler des personnages dans le point précédent, mais je vais un peu plus approfondir le sujet ici. En ce qui les concerne, je pense qu’il est important de bien les décrire afin de les rendre crédibles, vivants, et attachants. Les lecteurs s’y identifieront et auront vraiment peur pour eux ! Donner des tics à vos personnages, des particularités, et travaillez leur psychologie. Quelle est l’histoire du héros ? Son état d’esprit ? Est-il alcoolique ? A-t-il tendance à être paranoïaque ? Est-il du genre à vite monter au créneau ? A-t-il une phobie particulière ? Est-il troublé alors que difficilement impressionnable ? Il faut que l’on puisse le comprendre afin de ne pas trouver qu’il agit d’une façon étrange et incohérente. Ok, il a pris une mauvaise décision et est en danger maintenant, mais est-ce que ça n’avait pas l’air d’être une bonne idée à ses yeux ? Pourquoi a-t-il agit ainsi ? Pour tenter de protéger une être cher ? Se sauver lui-même peut-être ? Ne pas tomber dans la folie ?

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  • Le style d’écriture :

Enfin, il faut accorder un soin tout particulier à votre façon de raconter une histoire. Mon premier conseil concernant ce point est de vous inspirer d’histoires d’horreur ou d’épouvante qui auront eu de l’effet sur vous. Imprégnez-vous de leur ambiance, rythme, personnages, vocabulaire, descriptions, …

Le rythme est très important dans ce genre de récits. Si votre texte donne l’impression de ne pas décoller, vous ne tiendrez pas vos lecteurs en haleine très longtemps. Je pense qu’il faut alterner entre des moments intenses avec phrases courtes et percutantes, et des instants plus tranquilles pendant lesquels vos personnages semblent à nouveau en sécurité (ou moins en danger). Vous pouvez d’ailleurs profitez de ces petites accalmies pour faire quelques descriptions en y incluant des détails dérangeants, perturbants, anormaux, … Ces petits détails appuieront sur le côté étrange ou angoissant de votre histoire, d’autant plus que vous pourrez les réutiliser plus tard (au moment fatidique, ça montrera que tout était inéluctable, mouhaha !).

Un autre élément important selon moi est le choix des mots ! Pensez à utiliser des champs lexicaux, qui seront bien utiles pour créer une ambiance du tonnerre. Et surtout, utilisez un max de synonymes ! Je ne vous dis pas de faire compliqué, mais évitez le basique car votre texte risquerait d’être un peu plat sinon. Par exemple, si je vous dis que Jane pénètre dans une salle plongée dans les ténèbres, cela a plus d’impact que de vous affirmer qu’elle entre dans une pièce plongée dans le noir, non ? Et si je vous dis qu’elle voit une tâche cramoisie au sol, c’est plus impressionnant qu’une tâche rouge, non ? Enfin, j’imagine que c’est une question de point de vue. La simplicité a aussi du bon parfois, mais il ne faut pas en abuser !

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Voilà voilà, je pense avoir fait le tour de ce dont je voulais vous parler aujourd’hui. J’espère que cela aura pu vous aider ! Si vous avez, vous aussi, des conseils en matière d’horreur et d’épouvante nous sommes preneuses !

 

Calliope png

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