Articles généraux, Ecriture

Le fantastique, la rationalité face au réalisme magique !

Vous l’avez choisi, le mois de mai sera consacré au fantastique! Thème difficile, autant pour sa définition que son écriture. En effet, à de nombreuses reprises, nous avons constaté des confusions sur ce genre littéraire. Alors, dans cet article, je vais tentée de les dissiper.

Un peu d’étymologie pour commencer. Fantastique vient du latin phantasticus signifiant  irréel. Il s’est formé du mois grec phantasia permettant de désigner, par un adjectif, l’apparition de choses extraordinaires. La fantastique permet donc de nommer un élément extérieur à la réalité. Rationnellement, il sert à décrire une vue de l’imaginaire.

Déjà, cette définition permet de mettre en évidence l’erreur la plus commune: l’assimilation avec le réalisme magique. Ce dernier genre littéraire, où les éléments surnaturels sont certes présents, se différencie cependant par leurs rapports avec le monde. Dans le fantastique, la magie est inattendue, inadaptée à la réalité de la fiction et rejetée par les personnages. Dans le merveilleux, la magie est communément acceptée. La réalité nous est certes familière, mais elle répond à des codes rationnels différents. Les éléments irréels vont se fondre dans la réalité, ne permettant plus la différenciation. Le fantasy appartient à cette seconde catégorie. Nous pouvons citer l’oeuvre de J. R. R. Tolkien par exemple.

« Le fantastique, c’est l’hésitation éprouvée par un être qui ne connaît que les lois naturelles, face à un événement en apparence surnaturel. »
Introduction à la littérature fantastique, 1973,  Tzvetan Todorov

Ainsi, attention de ne pas parler de fantastique en lieu et place du réalisme magique! A de trop nombreuses reprises nous avons pu lire des articles se servant des deux terminologies fanstasy et fantastique pour désigner le même genre. Cette erreur est notamment dûe aux lacunes du français qui ne nomme pas précisément le genre, empruntant la terminologie anglo-saxonne « fantasy« .

La deuxième confusion tient à la comparaison avec la Science-fiction (Quoi? Uranie nous parle encore de SF… !!! ^^) L’analyse est comparable. Pour avoir la qualification de SF, il faut développer un univers rationnel (voir article sur la différence entre dystopie et SF). La non présence d’un élément surnaturel est donc un critère facile pour distinguer les deux genres.

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La Vénus de Milo, 1840, Jean Aicard

Maintenant que les distinctions sont faites, il est temps de se questionner sur le genre lui-même. Nous venons de le définir: l’introduction d’un élément surnaturel dans une réalité rationnelle. Dès lors, l’écriture est plus lisible. Il faut partir de notre monde, en introduisant un élément imaginaire et développer son intrigue autour de la réaction de ses personnages. Deux éléments sont primordiaux pour comprendre le genre.

Le premier est le style s’apparentant à l’angoisse, à l’horreur. Si nous gardons l’aspect rationnel, l’élément irréel va plonger les personnages dans un état de peur et de stress important, s’apparentant presque à de la folie. L’absurdité des situations décrites va obligatoirement les pousser dans leurs retranchements, dans l’incompréhension. D’où, encore une fois, la différence notoire avec le réalisme magique. Le protagoniste ne peut composer et s’accommoder à cette situation qui dépasse les limites de l’esprit humain.

Le deuxième élément est la rationalité du récit. Elle n’est pas seulement présente pour l’introduction de l’élément surnaturel et la psychologie des personnages. Elle doit être l’élément central du récit. Ainsi, tout doit paraître VRAISEMBLABLE! L’auteur doit hésiter entre une explication surnaturelle et une rationnelle des faits. Le cerveau humain n’aime pas le vide, et le comblera par ses explications; si l’intrigue est suffisamment maîtrisée. La création du mythe des sirènes est significative. Elles ressortent comme des êtres magiques dans des récits, mais sont interprétées comme la matérialisation du besoin des marins de retourner sur terre.

Voici les éléments que je voulais aborder avec vous avant de commencer les conseils d’écriture. Je vous l’accorde, si ce thème est très intéressant, il est également très difficile. Nous sommes en pleine réflexion sur la manière d’appréhender son écriture. J’espère avoir répondu à vos interrogations. N’hésitez pas à nous poser des questions ou partager vos réflexions!

Calliope nous livrera les premiers conseils mercredi prochain, en attendant, je vous souhaite une excellente semaine!

Uranie

4 réflexions au sujet de “Le fantastique, la rationalité face au réalisme magique !”

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